Conseils aux nouveaux papas anarchistes et anti-autoritaires

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Vous êtes épris de justice, dans le privé comme dans la société, vous aimez votre conjointe et votre bébé. Et pourtant, tout semble indiquer que vous êtes un peu trop souvent déphasé, à la traîne, et le ressentiment commence à s’installer. Rassurez-vous, vous allez entendre la grande vérité.

Avant de lentement sombrer dans l’essentialisme, vous qui étiez probablement le plus virilement existentialiste des militants, avant de postuler que la maternité est une exception à la règle, mais la plus belle et admirable des exceptions, et que de toutes façons même la principale intéressée n’est pas si pire avec cette nouvelle identité de genre, avant donc de devenir un con, considérez que l’exception en est une quant à votre vision anti-autoritaire.

Vous avez déjà fait la preuve que vous aviez la capacité de faire des petites prouesses spectaculaires (changer des couches, nourrir un bébé davantage que l’enduire de purée…). Pourtant, ça ne fait pas. Il n’y aura jamais assez de cacas, de pipis et de purée pour alléger le fardeau que votre aigre moitié porte.

Et puis on apprécierait que vous fassiez les changements de couches et les séances d’avion dans l’aéroport plus discrètement, parce que les « oh » et les « ha » de la gent féminine commencent à exaspérer votre conjointe.

La solution : le crash course. D’habitude, ça arrive quand la conjointe n’en peut plus; elle s’en va, complètement à bout, et vous laisse le bébé (quand ce n’est pas à sa mère ou à une amie ou à une membre de la famille). Prenez les devants : prenez le bébé pour un peu trop longtemps. On tire le lait, etc., et bon vent à maman.

Le but est de vivre profondément et dans sa chair le fait de plus s’appartenir. Et de faire une exception au « ni Dieu ni maître ». Quand vous aurez vécu dans votre chair et votre espace-temps cette relation avec votre adorable tyran, vous serez capable de partager ce poids invisible qui ne se mesure pas en nombre de couches et de boires et de mangers. Et en prime vous aurez compris comment se reconduit le patriarcat, de génération en génération.

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