Florilège interculturaliste

Florilège : ça veut dire que je colle des trucs choisis, sans trop faire attention à la forme que ça prendra.

XH Nguyen
Collectivement au Québec, sommes-nous aussi tolérants et ouverts qu’on le prétend?

Perig Gouanvic XH : tu es une minorité visible, je suis une minorité audible (accent non-québécois), et je suis sûr que nous avons des histoires d’horreur à raconter. Mais je crois que le Québec a un bel avenir devant lui car il peut réaliser le rêve interculturel. Je suis fier d’être québécois, je reconnais que je ne suis pas de la famille, que je « viens d’arriver », et je l’accepte. Et je refuse qu’un Québécois me dit que je suis « aussi québécois que lui » : je crois qu’il a tort. Je crois que ça se construit.

Perig Gouanvic Quand on parle d’une grande famille (disons, 40 personnes, avec 4 générations et des tonnes de cousins-cousines), il y a toutes sortes de ressemblances troublantes et une sorte de compréhension tacite, comme une mémoire non-écrite. Il y a une histoire commune. C’est complexe et la génétique ne semble pas tout expliquer. (Il y a aussi d’énormes divergences d’opinion et de caratère).

Quand on veut parler d’un groupe plus important de personnes d’une famille élargie, oups, certains sortent le mot race et le débat déraille.

Pourtant, la plupart des immigrants savent parfaitement de quoi il est question — c’est ce qu’ils ont fui ou abandonné. Il y a une profonde hypocrisie dans ce faux débat sur la race.

(….)

Guy Daoust Perig Gouanvic, je ne te connais pas… Et voilà que je le regrette. Ton analogie avec la famille est très intéressante. Elle s’adresse au coeur, pas à seulement à l’esprit ou à la raison. On essaie de trouver des solutions, des définitions, des explications cartésiennes et logiques à un phénomène qui relève davantage de l’instinct. Merci pour ton éclairage.

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«Vous êtes nés dans ce pays et vous en êtes fier et vous lui êtes attaché. Vous seriez né dans un autre pays, vous en seriez tout aussi fier et vous lui seriez attaché de même. Mieux, même : né ici, on vous aurait aussitôt transporté dans un autre pays où vous auriez été élevé et auriez grandi ? Vous seriez de ce pays et c’est de lui que vous seriez fier et ce pays auquel vous seriez attaché. Supposez que les bruns se mettent à être fiers d’être bruns, avec une idée de prévalence, – et qui dit prévalence dit bientôt rivalité, – sur les blonds ou vice versa ? Vous voyez si vous êtes comique avec votre orgueil national et votre patriotisme : vous avez eu autant de part à être de ce pays plutôt que d’un autre, que les bruns à être bruns et les blonds à être blonds.»
Paul Léautaud

«Le nationalisme est une maladie infantile. C’est la rougeole de l’humanité.»
Albert Einstein

Les critiques du patriotisme avaient leur utilité et leur valeur à l’époque d’Einstein, autour de la guerre contre le National Socialisme. Mais maintenant on sait que la mondialisation a besoin de ces idéaux universalistes et de ces identités interchangeables pour étendre son empire. L’enfance, ce continent perdu dont nous venons tous, est profondément enracinée dans le milieu qui l’a vu naître, de la famille au quartier au peuple, etc. Vouloir nier cet attachement comme on aime tant nier celui que l’on a envers ses parents, c’est généralement pour faciliter l’adhésion à une forme de secte, en l’occurrence l’église laïque du grand tout scientifique athée mes tolérant des inférieurs religieux (issu des « Lumières »), une espèce de mouvement pseudoscientifique qui érige sa raison contre les spiritualités et identités locales du monde entier.

 

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